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« MOI TONYA » : MARGOT ROBBIE CREVE L’ECRAN D’UN COUP DE PATIN…

  • odratclement1
  • 26 janv. 2025
  • 4 min de lecture



Le film « Moi, Tonya » est sorti sur nos écrans en Février 2018 mais il a été très peu distribué en salle, il fallait donc sauter sur l’occasion pour ne pas le louper !


Margot Robbie incarne la patineuse rebelle Tonya Harding et comme souvent quand on porte un personnage célèbre à l’écran, un retour sur son enfance et son milieu familial donne le ton du film : Une enfance sans amour dédiée au patinage, le travail acharné d’une jeune fille élevée « à la dure » qui va chercher à éblouir sa mère tyrannique, violente et alcolo tabagique en se jetant dans des entrainements toujours plus exigeants… Et comme souvent dans les passions sportives dévorantes, elle y laissera sa vie amoureuse en chemin. Tonya et sa technique du triple axel, ses combinaisons de sauts, ses nombreuses réussites, sa chute aux jeux olympique d’Albertville en 1992… Puis les qualifications pour les jeux olympiques 1994 de Lillehammer en Norvège : Nancy Kerrigan est agressée avec une barre de fer et blessée au genou. Tonya sa rivale sur la glace est soupçonnée d’avoir commandité et planifié elle-même l’agression. Puis ce fut la chute, jeux olympiques loupés, tribunal, condamnation aux travaux d’intérêts généraux, radiation et interdiction à vie de patiner…




Le rôle de Tonya, est interprété par Margot Robbie et elle nous prouve qu’il ne faut pas la cantonner aux rôles de « bimbo » (dans Le Loup de Wall Street, Harley Queen dans Suicide Squad…). Dans ce long métrage qu’elle produit, Margot Robbie en Tonya casse complètement les codes, le politiquement correct est laissé de côté au profit d’un film cash qui a trouvé un juste équilibre entre humour, stress, violence, histoire vraie, réalisation maitrisée et rock’n’roll. Hormis la prouesse d’apprendre le patin pour un film (sauf le très difficile triple axel reconstitué en effets visuels) elle incarne vraiment Tonya dans son impertinence, sa persévérance, son acharnement, son courage et sa fragilité aussi… Allison Janey est elle aussi mise en lumière en mère féroce et alcolo tabagique. Sa transformation physique la rend méconnaissable. Bafta, Golden Globe et Oscar pour le second rôle féminin sont amplement mérités ; On regrettera cependant que Margot Robbie n’ait rien décroché pour son rôle.

Il est possible de considérer le film comme un « polar d’actualité » certes mais le réalisateur n’a pas voulu parler uniquement de l’affaire Harding-Kerrigan qui a fait le tour du monde. Il s’est intéressé à tous les travers de ce personnage hors du commun qu’est Tonya, son côté fascinant et ironique brisant les codes du quatrième mur. Et ce n’est pas pour nous déplaire car nous souhaitons connaître la suite de l’histoire alors que nous la connaissons déjà.




Avec ce film l’australien Craig Gillespie revient aux films comme il a l’habitude les faire, il est le seul maître à bord comme dans Fright Night. Et l’on est bien loin de ses films de commande pour Disney (The Finest Hours, Million Dollar Arm) où l’on sent bien le manque de liberté.

La caméra n’est jamais fixe, ses mouvements accompagnent les personnages dans leurs vies quotidiennes ; Elle suit Tonya sur la glace particulièrement afin de retranscrire le dynamisme, les impulsions des sauts et la recherche de la perfection… Donc ici le repos n’est que très rarement de la partie. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si la bande originale soit si rythmée (ZZTOP, Dire Straits, Heart, Siouxsie and the Banshees…) : le rock colle parfaitement à Tonya, sa rébellion, son caractère volcanique et a sa vie sulfureuse. Les musiques du film reflètent bien la femme ET la sportive.

Le montage du film est assez particulier dans le sens où l’on intercale les interviews des personnages et à la suite de leur prise de parole nous retrouvons les passages expliqués en image. Chaque intervention des personnages au micro est une pièce du « puzzle » Tonya, nous laissant la liberté d’interprétation à la manière des jurés d’un tribunal, nous prenons parti comme si le réalisateur voulait réviser le procès une fois les tensions retombées. Les femmes ne cherchent aucune excuse, ni Tonya, ni sa mère. Elles ne sont en aucun cas des modèles mais elles peuvent nous inspirer la volonté, l’assiduité, le bon à cultiver et le mauvais à éviter… Durant deux heures dans notre fauteuil, nous vivons au rythme d’une battante qui ne baissera jamais les bras face à ses détracteurs.

Dans le film apparait en filigrane la dénonciation du système d’évaluation des patineuses ; Les origines pauvres qui ne représentent pas la famille idéale américaine et qui obligent Tonya à coudre elle-même ses costumes sportifs. Les juges sont donc aussi dénoncés car ils se laissent influencer par les frasques et les paillettes plutôt que de juger les performances techniques à leur juste valeur… Car au final, l’affaire Harding-Kerrigan a bel et bien modifié les appréciations des juges… L’autre dénonciation à demi-mot est le rôle si néfaste de la presse de l’époque qui avait conclu trop hâtivement à la culpabilité de Tonya Harding dans l’agression de Nancy Kerrigan… L’affaire a tout de même modifié le cours de l’histoire de ces Jeux Olympiques !

Ce film n’est pas directement un récit de l’affaire mais c’est un portrait de Tonya… Pourquoi ce portrait ? Pour rétablir une « injustice » ? Au final sommes-nous manipulés par les choix de Craig Gillespie ? Nous livre-t-il La vérité ou bien Sa vérité ?






 
 
 

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